Berlin à 28 ans d’intervalle

Je suis allé à Berlin à deux reprises, la première fois en aout 1989 et la seconde en mai 2017.

 

28 ans séparent mes deux visites, inutile de vous dire que j’ai vu de sacrés changements !

 

D’après les souvenirs de mes 16 ans je vais tenter de comparer mes deux expériences de la ville.

 

Un voyage à travers le temps: de la guerre froide à aujourd’hui.

 


En 1989

Le contexte

J’avais 16 ans, j’étais au lycée à Arcachon, ville jumelée avec la ville allemande de Goslar, en RFA (République Fédérale d'Allemagne ou Allemagne de l’Ouest). Comme j’avais fait une année d’allemand je pouvais recevoir en juillet un allemand chez moi, Carsten, et aller chez cet allemand en aout.

 

Donc en aout je me rends avec une trentaine d’autres lycéens  à Goslar, dans le Harz, qui se situe non loin de la frontière avec la RDA (République Démocratique d'Allemagne ou Allemagne de l’Est). Au cours de notre séjour il est prévu une escapade de quelques jours à Berlin.

 

Ce que j’ai vu et vécu

D’abord il a fallu passer la frontière ultra sécurisée et ultra flippante entre les deux Allemagne, rouler sur une autoroute monotone à travers une forêt et ensuite repasser la frontière pour entrer dans l’enclave de Berlin Ouest.  Comme je l’ai raconté dans cet article, je me souviendrai toute ma vie du silence sépulcral dans le bus quand les gardes Est-allemands lourdement armés contrôlaient nos passeports, ils ne rigolaient pas, et nous non plus… Nous devions dire chacun un chiffre au garde qui venait devant chacun d’entre nous pour contrôler nos passeports, le mien était « sechs » (« six » en allemand), je m'en souviendrai toute ma vie.

 

Nous passions des barrières, des barricades, des barbelés, il y avait des miradors, des chiens et un no man’s land, je n'ai jamais passé une frontière aussi sécurisée depuis.

 

La frontière ultra sécurisée entre la RFA et la RDA

 

La borne frontière


Berlin Ouest :

 

Le centre-ville de Berlin Ouest se trouvait vers la station ZOO, le Tiergarten, l’église du souvenir et le Ku Dam (Kurfürstendamm), les champs Elysées de Berlin Ouest avec à proximité le plus grand magasin de Berlin, symbole de l’opulence de l’Ouest : le KADEWE.

 

Je me souviens être monté dans un mirador pour regarder de l’autre côté du mur: le no man’s land avec des lapins, le chemin de ronde et des miradors avec des gardes est-allemands qui nous observent.

 

J’ai vu la porte de Brandebourg côté Ouest,  cachée par le mur.

 

Nous avions fait un tour au quartier de Kreuzberg, un quartier enclavé et pauvre avec des bâtiments assez délabrés ou  même portant encore des impacts de balles datant de la guerre.

 

 

Berlin Est:

 

J’ai été frappé par les magasins aux devantures vides ou avec une file d’attente sur le trottoir.

 

Nous avions mangé dans un resto vieillot et lugubre, nous étions les seuls clients, quelle ambiance triste.

 

Je me souviens des blocs de bâtiments « à la soviétique », fonctionnels mais laids.

 

En fait j’ai pu voir la grande différence entre l’Ouest opulente, colorée, joyeuse et l’Est grise et triste. Ça ne m’étonne pas que les Est allemands voulaient passer à l’Ouest.

 

Gedächtniskirche, en 1989, cette église m’avait marqué

 

Le frère de mon correspondant allemand avait ce célèbre poster dans sa chambre

 


Quelques mois plus tard

Et en novembre 1989, je voyais avec joie un moment historique : la chute du Mur à la TV. J’avais les larmes aux yeux en voyant les scènes de liesse, des familles et des amis qui se retrouvaient, de voir le mur être attaqué à coup de marteau, pioche et marteau piqueur.

 

Je me souviens aussi  du groupe allemand Scorpions qui jouait « Wind of change ». Et dans la foulée, les pays d'Europe de l'Est proclamaient l'un après l'autre leur indépendance, se libérant du joug soviétique.

 

Au Tränenpalast

 


En 2017

Les vestiges et lieux de mémoire

Berlin a conservé ou a construit des lieux de mémoire pour rappeler l’histoire riche et douloureuse de la guerre froide et de la division de la ville. Les lieux suivants sont aussi décrits dans ce compte rendu de mon séjour à Berlin.

 

 Tränenpalast

 Un ancien lieu de passage entre l’Est et l’Ouest devenu un petit musée très intéressant et gratuit, à la gare de Friedrich strasse.

 

 Le mémorial du Mur

 Pour moi une visite incontournable pour comprendre les conséquences du Mur de Berlin.

 

 Checkpoint Charlie

 La déception, j’y étais passé en 1989, c’est devenu une attraction touristique banale et médiocre.

 

Une belle fresque symbolisant le Mur au mémorial

 

Checkpoint Charlie


La prison de la Stasi

 C’est une visite oppressante et intéressante pour tous ceux qui veulent visiter la prison la plus redoutée de Berlin durant la guerre froide. En 1989, je n'avais pas conscience que des centaines de personnes étaient victimes de la paranoïa du système politique Est allemand, ce lieu fait froid dans le dos, surtout que la visite est guidée par des anciens prisonniers.

 

 Les vestiges du Mur

 Un peu partout dans Berlin, on peut voir quelques vestiges du Mur : à Mauer park (où nous ne sommes pas allés), à Topographie des Terrors, à East Side Gallery  au bord de la Spree et au mémorial du Mur à Bernauer strasse. On peut même trouver des miradors rescapés comme à Potsdamer platz.

 

 Ligne de pavés  à plusieurs endroits

 Il y a même au sol des lignes de pavés symbolisant la tracé du Mur à plusieurs endroits de Berlin: par exemple au Mémorial du Mur, à Elsen strasse à Neukölln, à Potsdamer platz et devant le Reichstag.

 

Nous logions à Neukölln lors de notre dernier séjour et tous les jours on passait la ligne de pavés symbolisant le Mur  pour prendre le métro, on se disait chaque jour que l’on faisait ce que ne pouvaient pas faire les berlinois avant 1989.

 

 Potsdamer Platz n’existait pas

 En 2017, la Potsdamer Platz est une place moderne et vivante, en 1989, c’était un no man’s land entre l’Ouest et l’Est.

 

Ligne de pavés symbolisant le Mur

 

La moderne Potsdamer platz

 


Le passé et l’avenir de Berlin un samedi soir au bord de la Spree à East Side Gallery

 

Voici donc le contraste observé entre mes deux visites de la ville, à 28 ans d’intervalle, un retour émouvant dans cette ville qui m’avait beaucoup marqué en 1989, du haut de mes 16 ans. Si Berlin vous attire ou vous fascine, vous pouvez voir d’autres photos et mon compte rendu ici.

 

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