Le voyage qui a changé ma vie

On a tous eu des évènements divers qui ont changé notre vie, pour le meilleur et pour le pire (naissance, décès, rencontre, amour, travail, voyage, …).

 

En ce qui me concerne, il y  a un voyage qui a chamboulé ma vie, pour mon plus grand plaisir, ce fut le périple que j’ai fait à travers l’Asie en 1999.

 

Voici le trajet que j’avais effectué en 10 mois : Thaïlande, Birmanie, Inde, Népal, Inde, Pakistan, Iran, Turquie, Syrie, Jordanie, Israël, Jordanie et Egypte.

 

 

Voici en quoi ce voyage a changé ma vie.

 


Désolé pour la qualité des photos, en 1999 le numérique n’existait pas, les photos suivantes sont scannées et je débutais en photo!

 

La tolérance

J’ai rencontré des centaines de personnes  de couleurs, d’ethnies, de nationalités et de religions différentes. Ce voyage m’a appris la tolérance, en effet il me semble inconcevable de courir le monde en étant intolérant aux différentes religions, aux différents peuples, cultures et  us et coutumes  rencontrés; même si parfois ils peuvent paraitre bizarres ou choquants, comme par exemple les mariages arrangés ou le système des castes en Inde. Je  garde à l’esprit que je suis chez eux, je suis un invité. Je dois rester à ma place et ne pas donner de leçon.

 

En Iran

Varanasi et son Gange sacré

Ma culture personnelle

Quand je suis parti, j’avais décroché un DEUG en fac de géographie, j’avais eu des cours passionnants par des profs passionnés, j’ai beaucoup appris, mais rien ne vaut l’école du voyage. En effet, en cours de voyage j’en ai beaucoup plus appris qu’en deux ans de fac.

 

 

Au cours de mon périple j’ai découvert des peuples que je ne connaissais pas : pashtounes, hazaras, baloutches, baltis, kurdes, karens par exemple. Des religions dont je ne soupçonnais même pas l’existence comme le Zoroastrisme en Iran, le Jaïnisme en Inde, le soufisme, les sikhs en Inde, les ismaéliens au Pakistan.

 

 

J’ai vu des paysages variés  et des milieux naturels que je n’avais jamais vu avant : les déserts, la forêt tropicale, les hauts sommets himalayens, les plages paradisiaques, la mangrove,… J’ai tutoyé des altitudes de 4200 m à – 400 m.

 

 

J’ai appris quelques mots de langues qui m’étaient inconnues avant : l’ourdou, le farsi (perse), le turc, l’hébreu,…

 

 

J’ai  découvert des gouts insoupçonnés et dégusté des cuisines délicieuses : la cuisine bédouine, perse, indienne, thaï, …

 

 

J’ai visité des témoignages inestimables de  l’histoire de l’humanité comme Persépolis, Palmyra, Bagan, le Taj Mahal, les temples et pyramides égyptiens et j’ai voyagé dans les pas de Darius, d’Alexandre Le Grand ou encore sur la Route de la Soie.

 

 

J’ai vu en liberté et dans leur élément, des animaux que je n’avais vu que dans des zoos, dans des livres ou à la TV.

 

J'ai découvert des us et coutumes que je ne soupçonnais pas comme par exemple l'usage de la main gauche, considérée comme impure dans la plupart des pays asiatiques et au moyen orient, aussi ne pas pointer ses pieds vers des temples et pagodes en Asie du Sud-Est. Ou encore le fait de ne pas faire le signe OK de la main avec le pouce en l'air en Iran, c'est une insulte dans ce pays.

 

 

J'ai été de découvertes en découvertes, plus on découvre de nouvelles choses, plus on veut en découvrir, cela aiguise la curiosité.

 

Sur l’ile de Koh Chang en Thaïlande

 

La Cappadoce en Turquie

Mon adaptabilité

 J’ai rencontré des conditions différentes de voyage dans chaque pays, à chaque frontière traversée : c’était un changement de cuisine, d’us et coutumes, de conditions de voyage, de langues, de monnaie, de religion, de climat,…

 

Comme par exemple quand on passe d’Inde au Pakistan, le changement est saisissant, frappant, on change de religion, de monnaie, de langue, de mode de vie et de mentalité.

 

De toute façon il n’y a pas le choix, j’ai appris à m’adapter, un peu comme un caméléon.

 

Mon ouverture vers les autres

Avant ce voyage j’étais quelqu’un de très timide, réservé, pas sûr de lui. Je ne dis pas que je suis rentré totalement transformé mais j’ai quand même appris à être plus sûr de moi, à aller vers les autres, à vaincre ma timidité, ce voyage m’a déridé.

 

J’ai fait des centaines de rencontres de personnes de toutes nationalités, certaines personnes avec qui je suis encore en contact.

 

Rencontre avec un sâdhu à Pushkar en Inde

Avec Mohsen à Yazd

La connaissance de soi

Le voyage n’est pas qu’une partie de plaisir, j’ai rencontré parfois des conditions difficiles de voyage comme l’inconfort d’un bus pourri dans lequel on est entassé ou  des chambres d’hôtels immondes (cafards),  ou encore un  climat très rude (par exemple plus de 45° en Egypte ou en Inde).

 

A force on apprend à se connaitre, on connait ses limites physiques et mentales, on s’endurcit, on sait qu’on peut s’habituer à presque tout, à se dépasser, je n’aurais jamais imaginé faire certaines choses, je me suis étonné.  

Ce voyage a  un peu fait l’effet d’un « coup de pied au cul ».

 

  Un matelas sur une terrasse d’hôtel en Syrie

 

L’ouverture sur le monde

Ce voyage m’a permis de prendre conscience de conflits, de tensions, de problématiques géostratégiques.

 

Par exemple j’ai pu me faire mon opinion sur des conflits (Israël/ Palestine, Cachemire, turcs et kurdes).

 

 

J’ai été témoin de dictatures militaires (Birmanie), religieuses (Iran) ou familiales (Syrie), avec de la propagande à chaque coin de rue, dans les journaux, une population et des touristes surveillés discrètement ou non,...

 

 

Depuis ce voyage j’ai ma propre opinion sur les news aux infos et je ne crois pas aveuglément les médias, comme par exemple au sujet du conflit israélo palestinien ou sur l’Iran.

 

 

L’Iran, par exemple, est dépeint par les médias comme un pays dangereux, peuplé de barbus intégristes, il n’en ai rien, au contraire. Certes c'est une dictature religieuse impitoyable, mais j’ai trouvé un pays sûr avec le meilleur accueil que j’ai eu de la part d’une population cultivée, avide de liberté et de rencontres. 

 

Les Al Assad, dictateurs de père en fils en Syrie

 

Les portraits des gardiens de la révolution en Iran


Propagande à Islamabad au Pakistan

Dans un camp de réfugiés tibétains au Nepal


Petit bilan :

 

-12 pays traversés

 

-1 seul (petit) vol en Inde, sans grandes conséquences. Il a eu lieu sans que je m'en aperçoive, dans un bus de ville non bondé à Delhi, un mec m'a volé mon porte monnaie dans ma poche qui était protégée par un velcro, j'avais juste de la petite monnaie et je m'en suis aperçu à la banque, en voulant changer de l'argent. Encore maintenant je suis admiratif du pickpocket qui a été un pro, je ne me suis aperçu de rien et le bus n'était même pas plein.

 

-1 grosse maladie en Inde, qui m'a bien fait peur, je raconte plus en détail cet épisode dans mes "anecdotes de voyage". Après avoir mangé un dal bhat (plat national népalais) pas frais au Népal, 2 jours après je me suis retrouvé à délirer, à me vider et à avoir de la fièvre pendant 24 heures dans une chambre d’hôtel miteuse de la ville de Lucknow en Inde. Heureusement plus de peur que de mal!

 

 

Pays coup de cœur : Le Pakistan. Ce pays est la très bonne surprise de mon périple, j’y ai rencontré des gens accueillants mais j’ai surtout adoré les superbes paysages des montagnes du nord du Baltistan et du massif du Karakorum. A ce jour, c’est le plus beau paysage de montagne que j’ai vu dans le monde, je rêve d’y retourner.

 

Pays qui m'a le plus étonné: l'Inde. Je ne savais pas qu'un pays pareil pouvait exister dans le monde, le pays des contrastes, de la démesure, de la foule, de la saleté, des contradictions, il met le corps et l'esprit à rude épreuve. Il m'a tellement bouleversé et surpris que je lui ai consacré un article, il ne ressemble à aucun autre, un pays indescriptible et unique.

 

 

Pays qui est une grosse déception : L’Egypte. Le dernier pays de mon périple, qui s'est révélé être celui des arnaques en tout genre et du harcèlement. Vous pouvez lire cet article si vous souhaitez savoir plus.

 

A Quetta au Pakistan

La vallée de Skardu au Pakistan

Voici donc ce qui a changé dans ma vie à la suite de ce voyage, c’est personnel et ne reflète que mon expérience. Ce périple m'a apporté que des bénéfices, un des plus beaux souvenirs de ma vie. Au retour de ce mémorable voyage j’ai eu le  blues du retour (« homecoming blues »comme disent les anglo saxons).

 

Heureusement, depuis, je continue à voyager pour continuer à découvrir et à m’enrichir.  Mon plus grand rêve : j’aimerais repartir plusieurs mois en vadrouille avec ma femme Fanny !

 

 Et pour vous, est-ce qu’un voyage a changé votre vie ?

 

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Commentaires : 4
  • #1

    Sab (mercredi, 03 mai 2017 22:57)

    J'aurais dû mal à aller dans des pays sous dictature, en fait ça ne m'intéresse pas, nous sommes habitués à certaines libertés dans la plupart des pays, en être privée me dérangerait et je ne serais pas à l'aise... j'ai justement regardé sur la chaîne "voyage" un témoignage d'une québécoise qui est allée en Corée du Nord... ce qui l'intéressait c'était de parler, échanger avec les gens, elle n'a pas pu pendant son séjour, c'était très fermé, elle a juste eu des guides "choisis" qui l'ont emmenée sur les principaux sites touristiques, il était impossible de sortir hors des chemins imposés, tout est très "contrôlé" elle a vécu une expérience assez terrifiante lors de son départ pour la Chine, elle a risqué la'prison car son visa était expiré (son train s'étant arrêté plusieurs heures ou même bien un jour il me semble, son passeport lui avait été retiré dans le train... je te passe les détails ce serait trop long mais c'était flippant !! Avec le recul elle en garde un bon souvenir car elle a découvert des autochtones attachants et qui se "lâchent" sitôt leurs uniformes retirés mais je n'aurais pas aimé être à sa place, là tout s'est bien terminé mais dans le cas contraire risquer la prison très peu pour moi... cependant c'est très dommage, effectivement les gens sont certainement très agréables au fond et subissent malgré eux la dictature du pays...
    Si un voyage m'a changée ? chaque voyage ouvre l'esprit sinon ça ne sert à rien de voyager... (c'est beau non?) l'ouest américain et ses espaces et paysages qui m'ont envoûtée et m'ont laissée sans voix. Je suis effectivement bcp plus ouverte à l'étranger, tout est différent et je m'y adapte très bien... Le homecoming blues je le vis à chaque fois et de plus en plus... pour les médias, je suis convaincue que tout est très dirigé dans un sens ou dans un autre mais l'impartialité n'est pas de mise c'est certain.
    Bises

  • #2

    selamat jalan (mercredi, 03 mai 2017 23:22)

    La Corée du Nord est sûrement une des pires dictature qui existe dans le monde, peut-être même la pire. A savoir si il faut aller en Iran, Birmanie ou dans une autre dictature, c'est un vaste débat, on pourrait en parler des heures, à peser le pour et le contre. Moi je n'ai pas regretté d'aller en Syrie, Iran ou Birmanie car j'y ai rencontré des gens accueillants et surtout contents que des étrangers viennent, ils se sentaient soutenus, et nous, touristes, étions là pour pouvoir témoigner à notre retour.
    Comme toi, je suis très différent en voyage, un autre homme, comme si j'étais dans mon élément.
    Le homecoming blues, je l'ai aussi à chaque retour, mais ce qui me fait tenir, c'est que je prépare la prochaine destination et que je m'occupe du blog, ça me replonge de suite dans les voyages.
    Bises

  • #3

    Chrissand (vendredi, 09 juin 2017 15:34)

    Je viens de lire ton article et je suis curieux de voir ton avis sur l'Egypte. Tout le monde en parle tant en bien niveau culturel. Pour ce qui est des arnaques c'est le cas de beaucoup de pays en voie développement.

  • #4

    selamat jalan (vendredi, 09 juin 2017 20:03)

    Salut, si tu veux voir mon avis sur l'Egypte, j'ai écris l'article "pourquoi je n'ai pas aimé l'Egypte".
    Oui des arnaques il y en a partout dans le monde, plus ou moins grave et à plus ou moins grande échelle, mais pour moi en Egypte ce fut le pire.