Incredible India

Incredible India

Cet article a pour but de parler de ce pays qui fascine, qui déchaine les passions, de parler de mon ressenti, de partager les impressions avec d’autres personnes qui y sont allées  mais aussi de conseiller les personnes qui souhaitent s’y rendre.

 

Oui l’Inde est un pays à part, qui ne ressemble à aucun autre, une ambiance unique, un continent à lui tout seul.

 

Welcome to India !!!


Oui l’Inde est un pays à part, qui ne ressemble à aucun autre, une ambiance unique, un continent à lui tout seul. J’y suis allé à 3 reprises, à chaque fois dans le nord. C’est un pays que j’adore, j’y ai de très bons souvenirs comme de très mauvais. Cet article a pour but de parler de ce pays qui fascine, qui déchaine les passions, de parler de mon ressenti, de partager les impressions avec d’autres personnes qui y sont allées  mais aussi de conseiller les personnes qui souhaitent s’y rendre. Welcome to India !!!

Mon ressenti

Je me souviendrai toute ma vie de ma première visite en Inde, du choc à mon arrivée à Calcutta, entre fascination, appréhension et répulsion.

A chaque fois que l’on me demande mon ressenti sur ce pays je suis à la fois enthousiaste et  mitigé, élogieux mais prudent. Mes sentiments sont paradoxaux. Sur place, l’Inde peut parfois m’éreinter, m’épuiser aussi bien physiquement que moralement mais une fois quittée elle me manque très rapidement. C’est pour cela que quand on me demande mon avis sur ce pays, mes yeux pétillent, je dis « allez-y mais… ».

Un joli sourire au Gujarat

Pourquoi faut-il y aller ?

Il faut y aller pour l’ambiance unique, pour les bazars colorés grouillants et odorants, pour les odeurs d’encens ou de cuisine, pour la musique religieuse, traditionnelle ou « bollywood* ».

 

Il faut y aller pour l’anglais parlé en roulant les « r », avec un accent si caractéristique, parfois difficilement compréhensible. Il faut y aller pour la façon des indiens de dire « oui » : en balançant la tête de droite à gauche, j’adore !!!

 

Il faut y aller pour les saris colorés, pour les fêtes comme Holi ou Divali, pour les délices de la cuisine indienne (curry, byriani, thalis, masala, lassis,…), pour les innombrables rencontres et sourires, pour les multiples chaïs* dégustés.

Thali traditionnel

Il faut y aller pour les paysages grandioses et variés (montagne en Himalaya, désert au Rajasthan, jungle, plantations de thé, plages,…), pour les millions de temples jains*, bouddhistes, hindous, sikhs*, pour les mosquées, pour les forts et les palais, pour les lieux de pèlerinages, pour les monuments mythiques comme le Taj Mahal, pour les villes trépidantes … Ce pays a tant à offrir.

Junagadh

Imaginez un peu: assister à une puja* dans un temple bouddhiste en Himalaya, contempler le défilé des pèlerins sikhs au temple d'or à Amritsar, assister au coucher de soleil sur le Taj Mahal, discuter avec un Sâdhu*, regarder les ablutions des hindous aux ghats* de Varanasi ou Dwarka, se balader à dos de chameaux au coucher du soleil dans le désert de Thar au Rajasthan...

Sâdhu à Dinhodhar Hill, Gujarat

Se mêler à la foule de pèlerins au lever du soleil  pour gravir les 7000 marches de Girnar Hill au Gujarat, une montagne sacrée ponctuée de temples, vénérée par les jains et les hindous. Que de souvenirs inoubliables.

Girnar Hill, Gujarat

Je me souviendrai toute ma vie d’avoir dégusté un thé Darjeeling, à Darjeeling, en contemplant le Kangchenjunga, 3ème sommet du monde, quel pied !

Mais il y a un « mais », des situations et faits m’exaspèrent, me fatiguent ou me remuent les tripes à chaque voyage.

Dans les grandes villes comme Calcutta, Bombay ou Delhi, on peut vite passer du « bling bling » au moyen âge,  des riches ventripotents aux lépreux,
mendiants, estropiés, intouchables qui vivent dans la rue. En Inde les contrastes semblent exacerbés, le plus riche côtoie le mendiant, le luxe côtoie
l’extrême dénuement comme dans aucun autre pays, le système des castes y est pour beaucoup.


C’est un des rares pays où j’ai vu des familles entières vivre dans la rue, des lépreux exhiber leurs infirmités pour glaner quelques roupies, des gens chier dans des terrains vagues en pleine ville, j’y ai même vu des cadavres flotter dans le Gange, un fou se balader nu en pleine rue…

Il faut ajouter à cela la foule (plus d’un milliard d’indiens), où que l’on soit il y a toujours quelqu’un, avec le bruit qui va avec.

Bhuj, Gujarat

La pollution aussi : les cours d’eau sont des égouts à ciel ouvert, Delhi est asphyxiée par un smog* quasi permanent, les déchets qui s’amoncellent dans les villes…

En ville, les innombrables sollicitations de mendiants, des estropiés, vendeurs,… peuvent porter sur les nerfs à la longue.

Pour donner un exemple concret, je me souviens du parcours du combattant de remonter Paharganj (ou Main Bazar) à Delhi, en 1999, en essayant de ne pas marcher dans les bouses de vaches sacrées ou sur des mendiants estropiés, en essayant d’éviter les scooters, les rickshaws, en essayant de slalomer dans le flot ininterrompu de la foule, passant du bruit des klaxons à la musique traditionnelle, passant d’une bonne odeur d’encens ou de nourriture à une forte odeur d’urine prés de latrines… Cette rue était un condensé d’une ville indienne. Immergez-vous aussi dans  le « old Delhi », à Chandni chowk, dépaysement et choc culturel assuré, on est entrainé dans un tourbillon de bruits, d’odeurs de gens !!!

Quoiqu’il en soit chaque voyage en Inde me remue les tripes, me remet à ma place, me fait réfléchir et relativiser, bouscule mes convictions, je reviens toujours différent…

Quelques idées de visites :

The Golden temple à Amritsar, le lieu le plus vénéré des sikhs. J’y suis allé à deux reprises, à des années d’intervalle, j’y retournerai volontiers. Je ne me lasse pas de rester des heures à faire le tour du temple accompagné par les pèlerins ou de partager leur repas ou de me poser pour mieux contempler l’effervescence autour de moi, tout cela au son des prières.

Et pourquoi ne pas aller voir la relève de la garde à la frontière pakistanaise en soirée, à quelques kilomètres d’Amritsar ? Un grand spectacle !!!

Le sikkim, un état himalayen enclavé entre le Népal, le Bhoutan et le Tibet, indien depuis seulement 1975. C’est un voyage en monde bouddhiste protégé par le massif du Kanchenjunga, 3ème sommet du monde. Une impression de sérénité et de bout du monde.

Le Gujarat, situé au nord-ouest, à la frontière pakistanaise, cet état méconnu, en dehors des circuits touristiques mérite une visite, il a tant de trésors : la ville sainte de Dwarka, la montagne sacrée de Girnar Hill, les villages autour de Bhuj, la ville portuaire de Mandvi,… Nous y avons fait de très belles rencontres.

La vallée du Spiti, si vous ne pouvez pas vous rendre au Ladakh, cette région est une bonne alternative, appelé le petit Tibet. Une succession de petits villages typiques avec des temples bouddhistes dans un décor de montagnes arides coiffées de neige. J’adore. Mais ça se mérite, pour s’y rendre c’est long et éreintant, on passe des cols d’altitude sur des routes vertigineuses. Attention au mal des montagnes.

Dhankar, Spiti

Le Rajasthan, peut-être l’état qui symbolise le plus l’Inde des Maharajas, l’image d’Épinal. Des palais superbes, des saris colorés, le désert de Thar, des villes magnifiques comme  Pushkar, Jaipur, Jodhpur, Jaisalmer, Udaipur…

 

Une ville à part Varanasi, la ville sainte pour les hindous qui veulent se baigner dans le Gange ou y mourir. Une ville grouillante, fatigante, qui bouscule mais on reste des heures sur les ghats à s’imprégner de l’ambiance particulière. Une balade en barque sur le Gange au lever du soleil est une expérience inoubliable !

 

Quelques conseils :

 

Avant le départ

 

-  A chaque personne projetant un premier voyage en Inde je recommande la lecture d’un ou plusieurs de ces livres que j’ai beaucoup aimé : « dans la peau d’un intouchable » de Marc Boulet, « vacances indiennes » de William Sutcliffe, « les fabuleuses aventures d’un indien malchanceux qui devint millionnaire » de Vikas Warup ( qui a inspiré le film « slumdog millionnaire »  ), « L'équilibre du monde » de Rohinton Mistry  et « la cité de la joie » de Dominique Lapierre (le livre, pas le film !!). Pour moi ces livres préparent bien les gens à ce qu’ils risquent de voir sur place et à mieux appréhender la complexité de l’Inde, ça les met un peu en condition.

 

- D’un point de vue médical soyez à jour sur vos vaccins.

 

- Prévoyez un peu de temps à l’avance pour l’obtention du visa.

 

- Choisissez bien la période de visite en fonction de la ou des régions  d’Inde que vous voulez visiter : il fait très chaud juste avant la mousson, il pleut beaucoup pendant la mousson, il fait très froid en Himalaya en hiver… A ne pas prendre à la légère.

 

Sur place

 

Comme dans beaucoup d’endroits dans le monde les femmes doivent être très vigilantes.

 

En effet l'Inde est un pays d'hommes, les femmes sont en très grande minorité numérique. Ma femme passait de suite des portiques de   sécurité dans le métro de Delhi tandis que moi je devais faire la queue pendant au moins 30 minutes. C'est dû en grande partie au       contrôle des naissances.

 

En plus les femmes occidentales ont une mauvaise image véhiculée par des films occidentaux où il y a des scènes un peu chaudes, les indiens pensent que toutes les occidentales sont aussi « chaudes » que dans les films. Les mains aux fesses sont loin d’être rare, un conseil : pas de décolleté ni jambe nues,… Adoptez une tenue appropriée.  Ma femme met une veste autour de la taille pour cacher ses formes/ fesses, elle s’est aperçue que les jeunes indiens la photographiaient de derrière…Malgré ma présence.

 

Par contre, en tant que femme, vous aurez accès à un monde inconnu des hommes.

 

Vous verrez qu’en Inde c’est un peu « marche ou crève », les indiens ne se soucient pas beaucoup des autres. Si vous faites la queue quelque part ils vous passeront devant, n’hésitez pas à leur dire de faire la queue sinon vous risquez d’attendre longtemps. Si vous êtes dans un train ou un bus et que vous voulez sortir, n’hésitez à vous imposer sinon ceux qui veulent entrer vous empêcherons de sortir.

 

Soyez ferme avec les chauffeurs de rickshaws* qui ne veulent pas vous emmener à l’hôtel que vous avez choisi mais dans un autre, ils n’y ont pas de commission. Moi je menace de ne pas les payer ou même d’aller à la police.

 

Si dans la rue quelqu’un vous harcèle  pour vous vendre à tout prix quelque chose et que ça ne vous intéresse pas, soyez ferme en l’envoyant balader mais avec le sourire. Malheureusement certains peuvent être très insistants voire très lourds…

 

A propos de la mendicité, chacun fait ce qui lui plait, moi quand je donne quelque chose,  c’est de la nourriture.

 

Comme dans beaucoup de pays il y a des tentatives d’arnaques visant les touristes, lisez bien les mises en garde des guides pratiques ou renseignez-vous sur les forums.

 

Attention à l’eau que vous buvez et ne mangez pas n’importe quoi. C’est en Inde que j’ai été très malade : forte fièvre, diarrhée et délires pendant 48h, j’ai dû manger quelque chose qu’il ne fallait pas… Depuis je suis végétarien quand je suis en Inde, il suffit de voir les étals des bouchers… Pour l’eau emportez des pastilles purifiantes ou achetez des bouteilles d’eau minérale bien bouchonnées !!!

Attention aux pickpockets dans les lieux très fréquentés comme les bazars, les transports, les gares, c’est en Inde la seule fois où j’ai été victime d’un pickpocket.

 

Le marchandage est de rigueur, pensez à fixer un prix avant d’entrer dans un taxi ou rickshaw sinon l’addition risque d’être douloureuse !

 

Préférez voyager en train plutôt qu’en bus, c’est plus sûr, c’est folklorique et propice aux rencontres. De plus les routes indiennes sont dangereuses et anarchiques, c’est la loi du plus gros et les chauffeurs font la course.

 

Si l’idée d’arriver à Delhi vous effraie (1ère fois, décalage horaire), n’hésitez pas à loger dans le quartier tibétain de Majnu Ka Tila, c’est une enclave plus calme dans la fourmilière qu’est Delhi.

 

Je vous conseille d’aller voir un film « Bollywood » au cinéma, spectacle assuré aussi bien sur l’écran que dans la salle, ça chante, ça danse, ça applaudit, ça rit, ça pleure, ça commente.  Je me souviens d’un film que j’ai vu et revu avec plaisir : « Kuch kuch hota hay ».

 

 Alors ça vous dit d’aller boire un thé à Darjeeling devant le 3ème sommet du monde ? Ou encore de s’assoir et regarder les pèlerins faire le tour du temple d’or à Amritsar ? Pour un petit aperçu, voici une vidéo qui résume un de nos voyages en Inde.

 Comme vous avez pu le voir un voyage en Inde ne s’improvise pas, il se prépare un minimum, sinon ça peut être la douche froide voir le cauchemar. En tout cas j’espère que je ne vous ai pas trop fait peur avec cet article.  Certains en tombent amoureux, d’autres la quittent plus vite que prévu. Demandez à chaque voyageur revenant d’inde, chacun aura un ressenti différent. L’Inde, on l’adore ou on la déteste, en tout cas elle ne laisse pas indifférent. Moi j’y retournerai encore et encore !!! Pourquoi pas dans le sud ou dans le Nord Est ?

Et si vous voulez plus de photos.

 

Légende :


* incredible india : « incroyable Inde » nom de la campagne  lancée par le ministère du Tourisme en 2002.

 

* bollywood : industrie du cinéma indien à Bombay, mot formé de « Bombay » et d’ « Hollywood ».

 

* chaï : thé au lait et aux épices.

 

* jain : disciple du jainisme  (religion très pacifiste et humaniste).

 

* sikh : pratiquant de la religion sikhe (religion monothéiste du nord de l’Inde).

 

* puja : rituel de vénération. Elle se présente sous plusieurs formes : rites quotidiens, pèlerinages, prières, cérémonies. Je parle ici de cérémonie.

 

* sâdhu : « saint homme » dans la religion hindou, il se détache des biens matériels, vit de dons et passe sa vie à se déplacer sur les routes d’Inde ou du Népal.

 

* ghats : des marches ou gradins qui descendent vers un cours d’eau, bassin ou lac.

 

* smog : c’est une brume épaisse de pollution.

 

* rickshaw : cycle ou auto. L’auto rickshaw est un véhicule tricycle utilisé pour le transport, que ce soit de personnes ou de marchandises. Le cycle rickshaw est à propulsion humaine à la manière d'une bicyclette.

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Commentaires : 2
  • #1

    Julien (samedi, 26 mars 2016 08:04)

    J'ai beaucoup aimé cet article qui met très bien en relief ce pays rempli de paradoxes. C'est vrai que L'Inde marque, chamboule. Il faut vraiment distinguer les grandes villes des campagnes et le nord du Sud (plus tranquille).
    Pour ma part et de ce que j'ai vu (il faudrait au moins un an pour faire le tour du pays) c'est vraiment le kerala que j'ai le plus apprécié et Mumbai que j'ai le plus appréhendé et le moins apprécié. Au final un peu comme toi quand je pense à L'Inde elle me manque.

  • #2

    Selamat Jalan (lundi, 04 avril 2016 17:34)

    Merci Julien d'être intervenu. Ce pays ne laisse pas indifférent, il remue les tripes. Je sais que j'y retournerai encore et encore mais cette fois dans le sud, tu me donnes envie d'aller au Kerala.