Le pèlerinage de Girnar Hill

En Inde se trouve un état au nord-ouest du pays : le Gujarat.

C’est un état un peu particulier car un peu hors des sentiers battus, on y croise pas beaucoup de touristes et le voyage y est plus facile qu'ailleurs au nord de l'Inde.

En effet, le Rajasthan voisin lui fait de l’ombre, malgré les innombrables atouts touristiques que le Gujarat a à offrir, comme par exemple Bhuj et ses typiques villages environnants, Dwarka la ville sainte, Mandvi et ses magnifiques bateaux mais surtout des gujaratis très accueillants.

Nous avons  sillonné le Gujarat pendant 3 semaines en 2012 et un de mes grands souvenirs est le pèlerinage de Girnar Hill, une colline sacrée couverte de temples jains et hindous, juste à quelques kilomètres  de la ville de Jūnāgadh.

 


Un réveil matinal

Ce matin le réveil sonne à 5 heure, je laisse Fanny dormir car elle est malade, elle ne peut malheureusement pas m’accompagner. A 5h17 je suis dans la rue devant l’hôtel, par chance il y a un rickshaw, le mec m’inspire de suite (un petit vieux avec les cheveux blancs) et me dit direct le bon prix : 80 roupies (je m’étais renseigné la veille), chalo* !

 

Nous traversons la ville encore endormie, il fait nuit, je vois des personnes dormir dehors, sur le trottoir.

 

A la sortie de la ville nous entamons une montée en forêt entre deux collines, j’ai froid en t-shirt avec la vitesse, un comble dans ce pays où nous étouffons constamment sous la chaleur ! Nous arrivons en bas de la colline à 5h44, d’entrée c’est un accueil d’ « hello, dholi* ? »,  non merci, je compte bien me servir de mes jambes !

 

Il fait encore bien nuit quand j’entame la montée des 10 000 marches, j’ai oublié la frontale mais je profite d'un petit groupe possédant une lampe.

Mes nouveaux potes (les profs d'histoire sont le premier et le troisième en partant de la gauche)

Les temples jaïns

Je me fais vite des copains

Pratiquement dès le début de la montée, deux indiens m’accostent en anglais et nous discutons un peu tout en montant les marches, ils sont sympas. Deux autres indiens se joignent à nous, eux ne parlent pas anglais, nous formons un petit groupe, on s’attend, on prend des pauses ensemble et on se prend en photo.  Le jour se lève, on voit la montée qui nous attend, qui semble interminable, ça grimpe sec.

 

Je fais connaissance avec mes compagnons de pèlerinage, les deux premiers rencontrés sont profs d’histoire à la fac de Jūnāgadh, ils m’offrent des sucreries mais surtout me servent de traducteurs avec les autres indiens croisés ou dépassés qui se demandent d’où je viens, ils disent « France » à ma place, ils m’ont pris sous leur aile.

 

Plus on grimpe, plus la vue est impressionnante, on voit Jūnāgadh en bas. Nous arrivons aux premiers temples jaïns, ils sont magnifiques, tout en dentelle de pierre, quelles splendeurs ! Mais l’ascension est loin d’être terminée, on restera plus longtemps à la redescente, quand ils seront au soleil.  Nous doublons des personnes, nous en croisons d’autres qui descendent, c’est à chaque fois des sourires et de l’étonnement de voir cet étranger faire le pèlerinage, il faut dire que je n’ai pas croisé d’autres étrangers, tant mieux.

 

On arrive au sommet, le temple hindou qui s’y trouve est le but de mes deux compagnons profs d’histoire, je les laisse prier et se recueillir, nous perdons les deux autres. Moi il y a un autre petit temple hindou qui m’intrigue un peu plus loin sur la ligne de crête. En fait il est surtout intéressant pour la vue superbe qu’il donne sur les collines verdoyantes tout autour, il y a quand même un sâdhu « baba » charismatique,  presque nu, tout recouvert de cendres. Il y a un autre petit temple plus loin sur la ligne de crête, mais j’ai la flemme de faire l’aller-retour et la montée/descente sur la crête. Je retourne au temple hindou pour y boire un « chaï », je fais  connaissance avec une sympathique famille, encore une belle rencontre.

 au sommet!

"Hello dholi?"


 l'ambiance en vidéo, on y voit mes deux potes à la fin!

Rencontre dans un temple

Je retrouve deux de mes compagnons (les premiers rencontrés) et on ne se séparera plus. Avec eux je fais la tournée des temples hindous, grâce à eux, je vais dans des endroits où je n’aurais pas osé aller. Par un sentier que je n’avais pas vu en montant, nous nous retrouvons un peu à l’écart, dans un temple isolé où l’un des deux a un membre de sa famille parmi les prêtres. L’accueil y est chaleureux, c’est un beau moment de partage que je savoure, je me sens privilégié.

Dans ce temple certains font des retraites méditatives de quelques jours, il y a même un fils de ministre en ce moment, c’est lequel ? Un des prêtres me dit qu’il y a des daims et des lions dans les collines autour de nous, il en a vu souvent des lions, et il les entend parfois rugir, j’adore, comme j’aimerais en voir, me dis-je en regardant les collines autour de moi !

Merci pour l’accueil !

Il y a des lions dans ces collines !

Une descente sous la chaleur

En revenant vers le sentier principal nous croisons une bande de singes langurs et un vautour nous survole.

 

Nous sommes de retour au complexe de temples jaïns, nous y restons pas mal de temps, nous faisons les temples un par un, c’est dommage car l’intérieur n’est pas éclairé. Les gardiens veillent aussi, on ne peut pas tout prendre  en photo. C’est ici que je croiserai la seule touriste étrangère.

 

Nous continuons notre descente quand un indien que nous croisons m’interpelle en anglais, dès que je lui dis que je suis français, il se met à me parler un excellent français (il a enseigné le français à l’alliance française), je suis sur le cul, mes compagnons aussi ! Il s’appelle Jaydev, nous discutons bien, il est à Jūnāgadh pour le boulot mais habite Ahmedabad. Nous nous séparons en nous donnant rendez-vous le soir même pour manger au restaurant (nous nous reverrons ensuite à la fin de notre voyage à Ahmedabad). Encore une belle rencontre !

 

Nous reprenons notre descente sous le cagnard, il commence à faire bien chaud entre 11h et midi, les marches cassent les jambes et font mal aux genoux, j’ai toujours préféré les montées aux descentes. Je plains les personnes que nous croisons et qui montent sous ce soleil et cette chaleur. La fin de la descente est sous les arbres remplis de langurs.

En bas, c’est la cour des miracles avec les mendiants et les masseurs de pied,  je découvre le décor en plein jour. Je me désaltère d’un soda avec mes potes et nous nous partageons un rickshaw, ils veulent m’inviter à manger chez eux mais je décline à contre cœur, il me tarde de retrouver Fanny qui est dans notre chambre d’hôtel. Ils descendent avant moi, nous nous saluons chaleureusement, merci à eux pour leur gentillesse !



La colline sacrée de Girnar

Ce pèlerinage de Girnar Hill restera un grand souvenir dans ma vie de voyageur, dommage que Fanny n’ait pas pu m’accompagner.

Le Gujarat mérite vraiment une visite, c'est mon coup de cœur en Inde, comme j’en avais parlé dans cet article.

 

Légende :


*chalo : « let’s go »

 

 

*Dholi :   chaise à porteurs

 

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