Dans la forêt amazonienne

Le Venezuela est un pays d’Amérique du Sud situé  entre la Colombie à l’ouest, le Brésil au sud, le Guyana à l’est et la mer des Caraïbes au nord.

 

C’est un pays d’une grande variété de paysages, il y a des chaines de montagnes dont la cordillère des Andes et les typiques Tepuy*, une côte avec des iles et des plages paradisiaques, une vaste plaine herbeuse inondable : les Llanos, le delta de l’Orénoque  et la forêt amazonienne au sud.

 

Avec ma femme j’ai eu la chance de visiter le pays en 2005 et de faire, entre autre, une petite balade dans la forêt amazonienne à partir de la ville de Puerto Ayacucho, en voici le récit.

 


Welcome to the jungle

 Après avoir fait un trajet de nuit en bus assez mouvementé, nous arrivons à Puerto Ayacucho, la capitale de la province d’Amazonas. La ville est située au bord du fleuve Orénoque, qui sépare le Venezuela de la Colombie.

Donc à peine arrivé au petit matin à la posada (guesthouse), on nous propose de partir faire un trek dans la jungle vers 13h, avec un couple d’allemands Josef et Dana et des guides indiens Piaroa*. Ok pour nous, on avait prévu d’en faire un. Rendez-vous donc à 13h, mais avant il nous faut dormir pour finir notre nuit mouvementée.

A 13h nous partons en 4x4 pour un petit port au bord de l’Orénoque : Samariapo, au sud de Puerto Ayacucho. Il y règne une ambiance de bout du monde avec des gens bizarres qui picolent, nous y attendons  une lancha* qui doit nous mener dans la jungle. La lancha arrive enfin avec 2 heures de retard, on part  vers 17h.

Nous descendons un peu l’Orénoque pour ensuite prendre les eaux noires du rio Sipapo, la nuit tombe. Nos guides indiens se dirigent à la lampe torche, nous voyons des lucioles et des éclairs au loin.

Nous arrivons vers 21h à un campement indien où nous attendent un repas et des hamacs protégés par des moustiquaires.

 

Sur le rio Sipapo

 

Into the wild

Nous avons passé une très bonne nuit dans nos hamacs, bercés par les bruits de la forêt. Nous nous réveillons au lever du soleil et nous découvrons un paysage de toute beauté.

Après le petit dej nous marchons dans la forêt avec nos guides Piaroa (2 adultes et 2 enfants), nous croisons un serpent, de beaux papillons « paraiso » d’un beau bleu, des grosses fourmis très douloureuses (d’après les dires des guides) et même des tarentules qu’un de nos guides  fait sortir de son trou à l’aide d’une brindille. Ils nous font gouter les racines d’une plante médicinale qui anesthésient la langue, mais aussi ils nous montrent comment s’hydrater en pleine jungle grâce  à une liane, dès qu’on la coupe, une eau coule.

Après cette petite marche dans une nature exubérante, nous nous baignons dans une eau couleur thé.

Ensuite nous nous installons dans des pirogues pour naviguer dans des petits bras de rivière et une forêt inondée, quel calme et quelle beauté du paysage !

Nous arrivons à un petit campement juste avant qu'un gros orage ne s'abatte sur la jungle.

 

Un beau lever de soleil

 

Welcome to the jungle

 


En pirogue à travers la forêt inondée

 

Comment se désaltérer dans la jungle

 


Le cerro Autana

Après le déluge nous partons avec nos guides grimper sur une sorte de colline. La marche dans la forêt et l’ascension de la colline sont assez rudes, il vient juste de pleuvoir, les sols sont détrempés, les racines sont glissantes, on traverse des petits ruisseaux à gué, on a les pieds trempés,  il y a quelques glissades.

Nous marchons aux sons de la forêt, un son continu dû aux multiples insectes et oiseaux qui vivent ici. Nous arrivons au sommet dégagé,  quelle vue de la haut ! On a un panorama exceptionnel sur la forêt amazonienne qui fume et sur le cerro Autana, un tepuy magnifique et sacré. Je contemple ce beau spectacle en me disant que j’ai de la chance de voir ce milieu presque intacte, je me dis que je suis tout petit dans cette nature toute puissante et dans toute sa splendeur.

 

Le retour est silencieux, tout le monde est crevé et de retour au camp nous nous baignons dans les eaux noires d’un cours d’eau pour enlever un peu la sueur.

Nous voyons un des guides verser de l’essence tout autour du campement, il nous dit que c’est pour nous éviter la visite de bébêtes plus ou moins grosses et dangereuses.

Après le diner frugal, nous nous couchons dans nos hamacs, bercés par le son des animaux de la nuit, personne aux alentours, seuls au monde !

 

Le cerro Autana

La forêt à perte de vue


Notre second campement

 

Une bonne nuit en hamac

 


Retour à la civilisation

Après une bonne nuit et un rapide petit dej, nous reprenons les pirogues en bois pour pagayer à travers la forêt inondée. Nous croisons toutes sortes de gros papillons multicolores et d’oiseaux.

 

Nous retrouvons nos lanchas à moteur et retrouvons le rio Sipapo. En route, nous nous arrêtons à un endroit où un cours d’eau fait des toboggans naturels, des vasques et des jacuzzis, on s’y délasse avec plaisir.

 

En longeant la rive nous voyons de temps à autre des petits villages indigènes et à l’endroit où se rencontrent le Sipapo et l’Orénoque, nous avons la grande surprise et le grand plaisir de voir s’ébattre des dauphins roses de l’Orénoque. Nous sommes chanceux, nous sommes assez proches d’eux et ils nous laissent le temps de les contempler pendant de longues minutes, quelle rencontre !

Nous finissons notre périple en apothéose car ensuite, c’est le retour à la civilisation à Samariapo , avec le bruit de la musique à fond, de la route, des odeurs peu ragoutantes, triste retour à la réalité après cette parenthèse « into the wild ».

 

Un spa naturel

 


Voici donc le récit de notre escapade dans la forêt amazonienne en 2005, ce fut une expérience inoubliable.

Mais au moment où j’écris cet article, le Venezuela est en proie à une terrible situation de pénurie et de chaos, le pays est presque à terre à cause de ses dirigeants, le pays manque de tout alors qu’il produit du pétrole...

A l’heure où j’écris, de grandes manifestations sont chaque jour réprimées violemment faisant des morts.

J’ai une pensée pour le peuple vénézuélien qui veut changer le cours des choses.

 

Légende :


*tepuy : Un tepuy est un haut plateau à contours particulièrement abrupts, ce sont des reliefs tabulaires résiduels

 

 

*lancha : un bateau à moteur

 

 

*Piaroa : Les Piaroas sont un peuple indigène d'agriculteurs du bassin de l'Orénoque oriental

 

Écrire commentaire

Commentaires : 0