Au parc national de Bako

Le parc national de Bako se trouve dans la partie malaisienne de l’ile de Bornéo, dans l’état du Sarawak.  

Bako est le plus vieux parc du Sarawak et le second plus vieux de Malaisie, il n’est qu’à 37 kms de Kuching la capitale du Sarawak.

 

Ce petit joyau est une péninsule avec des sentiers de randonnée pour tous les gouts et tous les niveaux, entre mer et forêt.

 

 

Je garde un souvenir ému de mon séjour à Bako car j’y ai vu une nature flamboyante, à l’état brut  et surtout une multitude d’animaux extraordinaires. Pour Fanny c’est son meilleur souvenir de voyage.

 

 

Bienvenue dans un écrin de nature !

 


Rencontre avec les nasiques

 Pour atteindre le parc, nous prenons un bus pourri qui nous emmène à un débarcadère à Kampung Bako. De là nous prenons un petit bateau qui fait la navette jusqu’au «camp » (headquarters) du parc sur la plage de Telok Assam en une vingtaine de minutes.

Le trajet est agréable. Le bateau nous laisse loin du bord car c’est marée basse, on ne peut pas atteindre la jetée alors on doit rejoindre la plage avec les sacs et de l’eau aux genoux. Il faut garder les sandales aux pieds car il y a des raies pastenague dans le sable, leur dard est douloureux.

 

 

Le camp est petit et se fond dans la nature, il y a le bureau du parc, une épicerie/ restaurant et 3 ou 4 chalets ayant un dortoir ou 2 chambres.  Première chose à faire, s’enregistrer auprès des autorités du parc  et remplir les formalités.

 

 

 Le « check’in » dans notre chalet  se fait à 14h, nous avons 2 heures d’avance, nous laissons les sacs à l'accueil et en attendant nous partons sur la passerelle en bois surplombant la mangrove non loin du «camp » du parc. Il y a des abris et des postes d’observation où l’on peut s’assoir pour observer les animaux.

C’est marée basse, nous voyons des périophtalmes, ces poissons qui marchent sur la vase et peuvent rester jusqu’à 2 heures hors de l’eau, il  y a des petits crabes qui ont une pince énorme par rapport à l’autre et par rapport à leur corps. Et tout d’un coup quelle belle surprise, il y a de l’agitation dans les arbres en lisière de forêt, c’est un groupe de nasiques !

Cela fait à peine une heure que nous sommes là et on a la chance d’observer la star du parc. Ce singe avec son appendice nasal proéminent (surtout chez les mâles) est endémique de Bornéo.

Les nasiques font leur vie sans se soucier de nous, nous, on les observe avec plaisir !

 

Avant de rejoindre le parc le ton est donné !

 

Les périophtalmes

 

De drôles de crabes

 


Des macaques à marée basse

Des voisins insolites !

Après avoir mangé et pris possession de notre chambre nous voyons de l’agitation en bas d’un arbre en face de notre chalet, plusieurs guides fixent le haut de l’arbre, on s’approche en demandant ce qu’ils regardent, il y a un Lémurien volant (ou Colugo) agrippé au tronc de l’arbre, il a un petit. Les guides nous disent que c’est rare d’en voir un, il est nocturne et évitent les hommes. Ces petits animaux ont comme des ailes de chauve-souris qui leur permettent de planer d’arbre en arbre. Une rare et belle rencontre. 

 

A peine le temps de s’en remettre que les guides voient cette fois un beau serpent dans un arbre, ils disent qu’il est dangereux, on va le regarder de loin et le laisser tranquille…

 

 

En plein après-midi c’est le déluge, un bel orage tropical nous oblige à rester sur la terrasse de notre chalet. Des macaques s’introduisent dans une chambre et provoquent la panique des occupants car ils sont là pour chaparder et ils montrent les dents.

 

 

Après l’orage on fait une petite balade en bord de mer, à longer les  falaises couvertes de foret qui tombent dans la mer, quel beau paysage.

 

Le "flying lemur" et son petit

 

Un serpent bien dangereux

 


L’orage menace

 

La randonnée  « Lintang Trail »

Ce matin, lever à 6h30, c’est tôt le matin qu’on voit le plus d’animaux. Départ pour le Lintang Trail et de suite quel spectacle depuis la plage : les nasiques sont là dans les arbres, une famille de cochons sauvages barbus est sur le sable et des langurs argentés se nourrissent dans les arbres, ça commence bien !

 

La rando commence par une bonne montée dans la forêt pour déboucher sur un plateau où la végétation est complètement différente, ici c’est le domaine de la Keranga, une sorte de forêt particulière aux sols pauvres et que l’on ne trouve qu’à Bornéo. C’est le royaume des plantes carnivores, on en voit beaucoup, de différentes espèces. On voit des écureuils, des fourmilières géantes, des grenouilles, on entend toute sorte de bruits d’insectes et d’oiseaux.

De temps en temps il y a des points de vue sur la nature environnante. La descente est raide vers le rivage, il y a des passerelles et des escaliers en bois aux passages les plus pentus, plus on descend plus la végétation se densifie, on retrouve la « jungle ».

 

On arrive à Telok Delima, une mangrove proche de Telok Assam  (la plage du « camp »), on longe la côte pour la rejoindre, c’est marée basse, on s’enfonce parfois dans la vase, on longe ensuite des rochers impressionnants, aux couleurs vives. On voit les périophtalmes, ces habituels habitants de la mangrove, des huitres, des gros bernard-l’hermite, des coquillages bizarres. On arrive vers midi, crevés mais contents d’avoir fait cette rando  très variée et d’avoir vu tous ces animaux.

 

 

L’après-midi est comme la veille, l’orage menace et finit par éclater. Pas grand-chose à faire à part se balader autour du « camp », à regarder les cochons et les gros varans qui fouinent  aux alentours. Ensuite on a droit à un superbe coucher de soleil.

 

 

Avant de se coucher, sur la terrasse du chalet,  on profite des sons de la forêt, des insectes, des grenouilles et des vagues, la plage n’est pas loin.

 

Un nasique se nourrissant

 


des langurs argentés

Une famille de cochons sur le sable

 

Des plantes carnivores dans la keranga

 


Le bord de mer

 

La randonnée « Pandan Keci l»

Dernière matinée au parc, on part en rando à 7h car on doit rendre la chambre à 11h, on veut en profiter. Ce matin la rando est moins longue, elle doit nous mener à une belle crique : Pandan Kecil.

 

 

Pour accéder au sentier on doit prendre la passerelle en bois qui traverse la mangrove, mais l’accès est bloqué par un gang de macaques, on se méfie beaucoup de ces pestes de singes voleurs et souvent agressifs, un gros et vieux mâle bloque le passage et montre les dents, je suis obligé de prendre un bâton pour le faire fuir.

Le sentier alterne entre lit de ruisseau et  sentier plein de racines et ici aussi il y a beaucoup de plantes carnivores.  Nous arrivons en haut de la crique, quelle vue sur la plage, sur la forêt et sur la côte!  Pendant que Fanny se repose sur un rocher qui surplombe la crique, moi je ne peux m’empêcher de descendre à la plage.

 

 

Malheureusement le temps est compté, c’est le retour vers le camp par le même chemin.

On libère la chambre, notre séjour à Bako est terminé, plus qu’à trouver un bateau qui nous ramène à Kampung Bako.

 

La forêt « Keranga »

« into the wild »

 

 


La mangrove

 

Vue sur la plage de Pandan Kecil

 

Plage de Telok Assam

 


Quelques conseils

Durant nos randos, nous avons croisé très peu de personnes, nous avons marché le matin car on y voit plus d’animaux,  il fait moins chaud et l’après-midi nous avions des orages.

 

 

En plus la plupart des visiteurs vient juste pour la journée et randonnent l’après-midi, quel dommage.

 

 

Sachez que l’hébergement est limité en nombre dans le parc, assez rustique (on est en pleine nature) et il faut réserver à l’avance.

 

 

Il y a une épicerie/ restaurant mais nous avions apporté des provisions achetées dans un supermarché de Kuching.

 

 

On ne conseille pas  de se baigner, en tout cas nous on n’a pas tenté : l’eau est trouble, il y a des méduses, des raies pastenague et même des crocodiles marins.

 

 

Attention aux macaques qui volent et  qui saccagent votre  chambre si vous laissez la porte ou la fenêtre ouverte !

 

Une randonneuse heureuse

 

Voici donc le récit de notre séjour dans ce parc magnifique, que d’émotions, que d’animaux, que de beaux paysages, la nature toute puissante et à l’état brut, comme j’aime. N’hésitez pas à y aller, nous recommandons !

 

Écrire commentaire

Commentaires : 0