Spiti, le petit Tibet

Il existe une vallée himalayenne en Inde,  à la frontière tibétaine, le Spiti.

 

Comme au Tibet ou au Ladakh elle possède une forte culture bouddhiste, avec des paysages de toute beauté de montagnes arides couronnées de neige, comme je les aime !

 

Cette vallée, je l’ai empruntée lors d’un voyage émouvant et éprouvant, empreint de spiritualité.

 

Voici le récit de ce voyage hors du temps en terre bouddhiste.


Il existe une vallée himalayenne en Inde,  à la frontière tibétaine, le Spiti. Comme au Tibet ou au Ladakh elle possède une forte culture bouddhiste, avec des paysages de toute beauté de montagnes arides couronnées de neige, comme je les aime ! Cette vallée, je l’ai empruntée lors d’un voyage émouvant et éprouvant, empreint de spiritualité. Voici le récit de ce voyage hors du temps en terre bouddhiste. Om Mani padme um.

 

L’Inde est un pays tellement varié : on peut passer de grosses villes comme Delhi ou Mumbai, aux plages de Goa, aux lieux de pèlerinage comme Amritsar ou Vârânasî  jusqu’aux régions himalayennes bouddhistes du Ladakh ou du Zanskar.  Ces régions himalayennes de culture bouddhistes m’attirent, et comme je ne souhaite pas aller au Tibet pour raisons politiques (occupation chinoise), j’ai décidé de visiter le Spiti.

Autel bouddhiste avec le portrait du Dalaï Lama

Kunzum la

La vallée du Spiti se mérite, pour y accéder nous faisons un trajet dantesque de 12 heures dans un bus local inconfortable, en passant par 2 hauts cols de 3900m et de 4600m d’altitude. Nous sommes partis de Manali avant le lever de soleil pour finir à Kaza 12 heures plus tard, avec le mal des montagnes comme cadeau de bienvenue.

Les paysages sont de toute beauté au fur et à mesure de notre avancée. Les montagnes sont de plus en plus hautes et arides, et l’Inde hindoue laisse peu à peu la place à l’Inde bouddhiste. Au fil du trajet le bus se remplit, se vide, monte, descend, on n’a pas le temps de s’ennuyer, le spectacle est autant à l’extérieur qu’à l’intérieur.

 

Le point culminant de ce trajet est le passage du Kunzum La, à 4600m d’altitude, le souffle est court, la tête cogne, « arrêt prière » d’une vingtaine de minutes, les passagers  prient devant les chortens* et  les drapeaux à prières claquent au vent devant les hauts sommets enneigés.

Après le col c'est la descente vers la vallée du Spiti, le soleil décline, la lumière est superbe sur les montagnes arides.

Nous arrivons à Kaza à la tombée de la nuit, éreintés.


Le Kunzum La à 4590m d'altitude

Kaza

Le réveil est laborieux, la nuit a été  froide et le souffle est court à 3600m d’altitude. En plus l’hôtel n’est pas chauffé, j’ai dormi avec mon bonnet et mes chaussettes. Le trajet de la veille et l’altitude laissent des traces.

Kaza est la petite capitale administrative et commerciale du Spiti, nous devons obtenir un permis pour pouvoir continuer notre périple, la frontière tibétaine est proche et donc sensible.

 

Les paysages autour de Kaza sont superbes, je passe beaucoup de temps sur le toit de l’hôtel à contempler et à photographier les montagnes, qui se blanchiront de neige un matin. Il y a des randos à faire autour de Kaza mais nous devons nous remettre du mal des montagnes.

 

La ville est morte à partir de 18h et comme nous sommes en octobre, les restos ferment pour l’hiver, heureusement qu’il y a le resto de notre hôtel, nous mangeons la cuisine tibétaine typique : momos (gros raviolis), Thenthuk et Thukpas (soupes aux nouilles).

La vue depuis notre chambre

Kye gompa et Kibber

Autour de Kaza il y a des excursions à faire comme par exemple aller au village de Kibber et au monastère de Kye. Pour y aller nous sommes obligés de louer les services d’un taxi, que c'est cher! Ils en profitent il n'y a pas de bus.

Le village de Kibber est à 4200m, perdu en pleine montagne. Nous nous baladons dans un village où il y a des animaux (ânes et chèvres) et des enfants. En haut du village nous entrons dans un gompa. On s'imagine la vie que cela doit être en plein hiver.

Nous repartons pour Kye gompa, un monastère impressionnant, perché sur une colline. Un moine nous fait la visite, les nombreuses pièces sont sombres et décorées de fresques.

Kibber

Un beau sourire


Kye gompa

Tabo

Nous prenons un bus bondé pour Tabo, bonjour la promiscuité avec les odeurs et la toux des voisins… Heureusement que le trajet ne dure que 2 heures et demi !

 

Tabo est un village plus sympa que Kaza, où se trouve un monastère célèbre dans le monde bouddhiste. En effet il  a plus de 1000 ans, d'ailleurs le Dalaï Lama est venu pour le millénaire du monastère et souhaite y passer sa retraite. Nous grimpons vers des grottes qui ont servies de lieu de méditation.

 

Le monastère est très intéressant à visiter, des salles ont des belles fresques et nous tombons par hasard sur un moine qui prie avec une voix envoutante, à la lueur de bougies, moment magique.

 

Un matin très tôt nous nous levons pour assister à une puja*, chaque moine a sa place attitrée, ils psalmodient, font tinter les cymbales, c’est beau et reposant, distribution de thé à la fin.

Monastère de Tabo

Pierres à manis

Moulins à prières


Dhankar

De Tabo nous arrêtons une jeep bondée qui nous arrête en bas de la route qui monte vers Dhankar. La montée est rude en plein soleil, au bout d’un moment nous faisons du stop, une jeep  de touristes indiens avec leur chauffeur s’arrête, ouf ! Ce sont les vacances dans l’état du Bengale occidentale où se trouve Calcutta (Kolkata). Quel dépaysement pour eux de se retrouver dans ces montagnes arides, eux qui viennent d’une contrée plate, humide et étouffante. Nous en croiserons beaucoup de ces touristes indiens, parfois bien bruyants…

Mais revenons à Dhankar. Dhankar est un village et un gompa, une autre merveille que nous offre le Spiti. Nous sommes dans le gompa en même temps qu'un groupe de moines en visite, ils sont bien sympathiques.

Nous redescendons au bord de la route principale  pour attraper un bus pour Tabo. Des femmes âgées assises au bord de la route nous invitent à nous arrêter pour  boire un thé au beurre salé et des chapatis*. Elles sont gentilles et souriantes mais refusent que je les prenne en photo, dommage, elles avaient des visages...

Dhankar

Nako

Entre Tabo et Nako, la vallée est de plus en plus profonde, de part et d’autre de la route (ou plutôt piste) c’est soit la falaise, soit le ravin, et nous nous sommes du côté ravin, sans compter les chutes de pierres et les croisements avec d’autres bus ou camions, là les roues frôlent dangereusement le vide. En plus il faut montrer patte blanche au checkpoint.

Sur le bord des routes du Spiti nous voyons des travailleurs, plutôt des forçats, qui s'efforcent de réparer la route ou la piste par tous les temps et dans la poussière. Ils vivent en famille dans des camps de bâches bleues, quelle vie...

 

Nako est un petit village au bord d’un petit lac sacré et bien sûr entouré de magnifiques montagnes, c’est définitivement notre coup de cœur du voyage. Ici nous ne sommes qu’à 9 kms à vol d’oiseau du Tibet, une invitation à passer la frontière, malgré l’occupation chinoise…

Dans les rues tortueuses du  village les animaux sont en liberté, nous croisons des chèvres, des vaches, des ânes, des moutons. Les maisons sont typiques, en pierre avec parfois de beaux balcons en bois, du fourrage et du bois qui sèchent sur le toit terrasse. Un peu partout dans le village la religion est bien présente avec les chortens (qu’il faut contourner par la gauche), les murs à manis* et les moulins à prières que nous faisons tourner. Les villageois croisés sont plus souriants qu’ailleurs, nous logeons chez l’habitant et dans notre chambre sèche de la viande

 

Surplombant le village domine le monastère, d’ici quelle vue ! Et en montant un peu plus, le sentier s’élève pour des vues de plus en plus grandioses, quelle belle rando!

Nako

La vue depuis le monastère

Après Nako nous entrons dans le Kinnaur, une autre belle région himalayenne, assez différente du Spiti, ici la religion hindoue se fait plus présente, ainsi que la végétation. Puis ce sera Dharamsala, le siège du gouvernement tibétain en exil et lieu de résidence du Dalaï Lama. Ici aussi nous passerons de bons moments, mais c’est une autre histoire…

Lever de soleil et coucher de lune sur l'Himalaya

Voici donc nos aventures himalayennes en territoire indien. Ces contrées se méritent mais quel bonheur de voir ces paysages extraordinaires et de s’imprégner de cette culture tibétaine, j'en rêvais, je n'ai pas été déçu. Peut-être aurez-vous envie d’aller y faire un tour ? Maintenant j'aimerais bien faire un tour vers le Ladakh et le Zanskar.

Légende :


*chortens: stupa bouddhique en tibétain

 

*mur à manis: sont un empilement de pierres gravées par les pèlerins et déposés en guise d'offrande dans des endroits sacrés ou particuliers

 

*gompa: monastère ou temple tibétain

 

*puja: cérémonie religieuse où se déroulent différents rituels

 

*chapatis: pain traditionnel indien

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Commentaires : 2
  • #1

    hubert (vendredi, 21 octobre 2016 21:07)

    Quel plaisir de retrouver ces régions tibétaines! J avais visite le Ladhak lors de mon premier voyage ; en bus depuis Srinagar. Puis beaucoup plus tard le Sikkim tout aussi merveilleux. Comme toi j ai refuse d aller a Lassah pour raisons politique alors que j étais en Chine pas loin. Par contre Xiahe ville tibétaine en Chine donne une assez bonne idée.
    Merci pour le partage

  • #2

    selamat jalan (samedi, 22 octobre 2016 09:00)

    J'adore ces régions himalayennes! J'aimerais aller au Ladakh, et c'est au Sikkim qu'on s'était rencontré. Peut-être qu'un jour j'irai à Xiahe?
    Merci Hubert!