Varzaneh, la reine du désert

Varzaneh est une petite ville aux portes du désert, à 1h30 de bus d’Ispahan.

 

Malgré un fort potentiel, elle n’est pas encore très touristique, il n’y a que 2 guesthouses.

 

Mon séjour dans cette ville fut intense, fatiguant et riche en découverte, quel pied !

 

Voici le récit de mes aventures dans le désert.

 


Varzaneh est une petite ville aux portes du désert, à 1h30 de bus d’Ispahan, en Iran. Malgré un fort potentiel, elle n’est pas encore très touristique, il n’y a que 2 guesthouses. Mon séjour dans cette ville fut intense, fatiguant et riche en découverte, quel pied ! Voici le récit de mes aventures dans le désert iranien.

 

 

D’abord comment j’ai déniché Varzaneh ?

 

C’est en regardant sur un forum de voyage qu’une personne fait l’apologie de cette ville pour découvrir facilement le désert. Ça pique ma curiosité et ni une ni deux, je me renseigne, je tombe sur une page wikitravel, il n’y a que 2 guesthouses, je m’empresse de les contacter pour connaitre les prix et éventuellement réserver.

Je fais mon choix sur la Yasna traditional guesthouse, tenue par Mohammad un jeune dynamique  qui adore sa ville. Il organise des tours dans les alentours pour pas cher.

Dunes

La ville en elle-même

 

La ville est à 1h30 d’Ispahan, il y a quelques petits bus par jour qui partent de la station de bus Jey.

Nous voici partis, on est content de bouger, découvrir autre chose après 2 jours passés à Ispahan.

Au fil du trajet le paysage se désertifie et nous, nous sommes un peu l’attraction, surtout auprès des gamins qui nous dévisagent et qui répondent à nos sourires.

Arrivés à Varzaneh, le chauffeur nous arrête presque à la porte de la guesthouse, il appelle même Mohammad car nous trouvons porte close.

En fait Mohammad est en ville avec d’autres touristes pour faire un tour de la ville, il vient nous récupérer. Il nous accueille chaleureusement, avec même quelques phrases en français, il a fait 1 an de fac à Bordeaux, on parle du bassin d’Arcachon, la glace est vite rompue !

Nous retrouvons les autres : 3 australiennes et 1 chinois d’Hong Kong dans un ancien pigeonnier. Je n’en ai jamais vu d’aussi grand, il est assez impressionnant, les locaux collectent la fiente pour l’agriculture. Du sommet la vue est belle.

Nous partons ensuite pour un moulin à chameau, il est un peu en dehors de la ville. Un chameau tourne pour moudre le blé, le propriétaire fait tourner le chameau en chantant.

Puis nous partons pour un puits dont l’eau est extraite grâce à la force d’un énorme bœuf.  Cette méthode d’extraction avait été remplacée par des pompes à moteur mais la hausse de carburant a fait revenir cette ancienne méthode. Là aussi le propriétaire chante pour faire travailler le bœuf, il ne reconnait que sa voix  (on a testé). En tout cas on sent de la complicité et du respect entre l’homme et l’animal.

Après ces visites intéressantes, il est presque 14h, l’heure de manger un bon repas préparé par la mère de Mohamad. Maxime, un français, arrive.

Moulin à chameau

Tempête de sable, lac salé et thé dans les dunes

 

Après le repas et avoir attendu d’autres touristes arrivant à la guesthouse, nous partons enfin vers 16h, à 2 voitures, nous sommes 10 : Mohammad bien sûr,  son père qui conduit la première voiture, Ahmad son associé qui conduit la deuxième voiture, les 3 australiennes, Victor le chinois de Hong kong, Maxime et nous deux.

Le temps s’obscurcit, l’orage arrive.

Nous arrivons dans un village où il y a une source d’eau chaude et un temple. Mais ce qui nous intéresse c’est une masse qui se déplace rapidement à l’horizon, une tempête de sable, on est scotché devant, ça me rappelle des images vues d’une ville des USA qui se fait engloutir. C’est bientôt à nous de se faire engloutir, Mohammad nous crie « run !! (Courez)». On arrive trop tard de quelques secondes aux voitures, on a du mal à ouvrir et à refermer les portières, on a du sable partout, ça croustille dans la bouche. Dehors c’est un peu l’apocalypse, on roule à 20 km/h. Je suis content d’avoir vécu ça, une nouvelle expérience de voyage !

 

On se dirige maintenant vers un lac salé en traversant quelques belles dunes. Ce lac salé est curieusement fermé par un portail cerné par les portraits de Khomeyni et Khamenei, les gardiens de la révolution. Un autre gardien, plus modeste,  nous ouvre les portes. Le sel est exploité, il y a des monticules de sel que notre chauffeur s’amuse à éviter au dernier moment. Par moment il y a une mince pellicule d’eau, les voitures semblent flotter. On s’arrête devant une petite piscine naturelle, on y trempe les pieds, attention aux plaies ou égratignures, le sel ça pique ! Dégustation d’une pastèque rafraichissante après le bain de pieds. Normalement le sel est blanc immaculé mais à cause de la tempête de sable, le sel a viré au beige/marron.

Le soleil décline, les couleurs deviennent superbes mais il ne faut pas tarder si on veut voir le coucher de soleil sur les dunes. A 5 minutes près on loupe le coucher de soleil du haut d’une dune, on le verra au bord d’une route, on est déçu. Juste après on se dirige vers les dunes qu’on grimpe tant qu’il y a de la clarté.

C’est un champ de dunes à perte de vue, superbe. On n’a pas pris de veste, la fraicheur est là, on a froid. Heureusement le thé est servi sur une nappe étendue sur le sable, on en profite pour regarder la voute étoilée, superbe.

On rentre à 21h30 à la guesthouse et le repas est servi, délicieux aussi. Demain lever à 4h30, on se couche bien crevé mais des images plein la tête, quelle journée !

Tempête de sable

Lever de soleil  dans un caravansérail

 

Lever très tôt, à 4h30 pour décoller à 4h45, tout le monde est prêt, nous partons il fait nuit noire. Le trajet commence sur une route qui devient une piste. Ahmad conduit vite, il y a des trous, va-t-on arriver avant le lever du soleil ?

Sur notre gauche le ciel s’éclaircit rapidement. Soudain un grand caravansérail apparait dans le désert, on a le temps de grimper sur le toit, le soleil apparait quelques minutes plus tard, quel spectacle !

Nous sommes en plein désert, entourés par des montagnes arides, les couleurs sont superbes.

Le caravansérail est en assez bon état, jusqu’il y a peu il était habité par des bergers. On le visite avant de prendre le petit dej au soleil, sur le toit, quel cadre !

Caravansérail en plein désert

Marécages et black mountains

 

Ensuite direction un plan d’eau en plein désert, il y a des oiseaux et avec de la chance on peut y voir des flamands roses, malheureusement on en verra pas aujourd'hui… Dommage.

 

A l’horizon il y a une montagne noire, cette couleur noire est due à la roche volcanique qui la compose, c’est un ancien volcan.  On est au sommet en 30 minutes de marche et de la haut quelle vue !

Les montagnes en fond puis les dunes de sable, le lac salé tout blanc et plus proche de nous le plan d’eau. Quelle diversité. Par contre il fait chaud et le lever à 4h30 se fait sentir.

Après une balade dans un marécage avec en fond les dunes et une dégustation de pastèque, retour à la guesthouse c’est l’heure du dernier excellent repas et le temps du départ pour Yazd où nous attendent d’autres moments mémorables.

Lac salé

Voici le récit de ce séjour éprouvant et intense à Varzaneh, nous avons adoré.  Juste pour info nous avons payé 90€ le tout pour deux (les tours, 4 repas, 1 nuit). Nous recommandons vivement la Yasna traditional guesthouse.

Si vous voulez une escapade dans le désert en Iran, vous savez maintenant où aller, Varzaneh vous attend.

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Commentaires : 8
  • #1

    Maeva (samedi, 02 juillet 2016 13:41)

    Encore une fois très intéressant!! C'est ce que vous avez préféré là-bas? Bisous à tous les 2

  • #2

    selamat jalan (lundi, 04 juillet 2016 13:18)

    Merci Maeva, en fait on a pas de préférence dans ce voyage, tout était différent et super à vivre, que ça soit Varzaneh, Yazd ou Ispahan, bisous

  • #3

    Mo et Ma Casagranda (mercredi, 01 mars 2017 10:41)

    Hello Selamat,
    As-tu encore des bonnes adresses comme celle de Varzaneh sur les autres villes (Isfahan, Yadz, Shiraz, Persepolis, Kashan) ?
    Merci
    Maurice

  • #4

    selamat jalan (mercredi, 01 mars 2017 12:37)

    Salut,
    J'avais bien aimé le Hasht Behesht à Ispahan, sinon on était hébergé chez un ami iranien à Yazd et mon passage à Shiraz remonte à 1999... Kashan, nous n'y sommes pas allés.
    Désolé pour cette réponse qui ne va pas beaucoup t'aider.
    Khoda Hafez

  • #5

    nadia (jeudi, 04 mai 2017 16:59)

    bonjour,
    super ! merci pour ce partage;
    Etait-ce en juin 2016 ? qu'en était-il de la chaleur : plutôt 40° ou 50° ?
    Je pars début juillet...
    Nadia

  • #6

    selamat jalan (jeudi, 04 mai 2017 19:24)

    Bonjour et merci!
    Nous y étions en mai 2016, il devait faire entre 30 et 35° au plus chaud du voyage. Par contre vous, c'est clair que vous allez approcher les 40 voire 50° en plein désert!
    Il faudra me raconter votre ressenti à votre retour!
    N'hésitez pas si vous avez des questions.

  • #7

    jess (vendredi, 23 juin 2017 10:13)

    Il y a des pays qui fascinent et qui effrayent à la fois, pour moi l'Iran fait parti de ceux là mais je dois bien avouer que parcourir votre blog, donne envie de découvrir ce pays étonnant!
    Merci du partage! ;)

  • #8

    selamat jalan (dimanche, 25 juin 2017 10:24)

    Merci Jess!
    En effet il y a des pays qui peuvent à la fois fasciner et faire peur, l'Iran ne doit pas faire partie de ceux là, une fois que l'on s'y rend, on a qu'une envie, y retourner. C'est un des pays les plus sûrs et des plus accueillants que j'ai visité dans le monde!